De Magny à Metz-Magny : des Origines à Aujourd’hui

Blason_Magny
Blason de Magny. Armes des anciens seigneurs de Magny au Moyen Age. « De gueules à six tours d’argent, trois, deux, une, accostées de sept trèfles d’or, deux, trois, deux »

Magny apparaît au XIIe siècle dans des actes juridiques, d’abord sous la forme Mannei, puis Magnei dès 1160. Cette appellation pourrait provenir soit du nom propre latin Magnus, « le Grand », soit de manius « né le matin », ou encore du latin mansionile, désignant une ferme. Des fouilles archéologiques ont démontré une implantation humaine dès l’Antiquité par la découverte de villas gallo-romaines.
Situé sur la Seille à la confluence avec le ruisseau Saint-Pierre, Magny est partagée en trois bans du Moyen Age à la Révolution : le ban Saint-Clément (appartenant à l’abbaye Saint-Clément de Metz), le ban Saint-Pierre (appartenant à l’abbaye Saint-Pierre-aux-Nonnains de Metz) et le ban de Trogneux (appartenant au « seigneur voué », c’est-à-dire un seigneur civil, choisi par les religieux de Saint-Clément).
Le village à beaucoup souffert des luttes médiévales entre la République messine et son voisin, le duché de Lorraine. Rasé en 1324, brûlé à de nombreuses reprises (1387, 1429, 1444 et occupé 1490), il fut également occupé en 1475 par le duc René II. Au XVe siècle, Magny compte 55 feux (soit environ 350 habitants).
Le pont de Magny sur la Seille est cité dès le XIIIe siècle. Détruit par les guerres en 1324 et en 1870, il fut le dernier pont sur la rivière avant les remparts de Metz, jusqu’au démantèlement de ceux-ci au début du XXe siècle. Il possède une origine antique, étant sur le tracé de la voie romaine Trèves-Metz-Lyon, à la limite du « ban des Treize ».
L’église est mentionnée dès 1144 par les archives de l’abbaye de Saint-Clément de Metz. Jusqu’à la fin du XVIe siècle, elle dépend de l’église Saint-Privat (aujourd’hui sur le territoire de Montigny-lès-Metz), puis devient une paroisse indépendante. Elle est transformée par Nicolle de Heu (1489-1532). Qui lui ajoute un chœur gothique où il laisse son blason sur une clef de voûte. L’église est agrandie d’abord en 1765, puis en 1852. Sous l’Ancien Régime, la paroisse a pour annexes Peltre, Crépy et les fermes de la Haute et de la Basse Bévoye.

Magny Place Roch
Eglise de magny, depuis la rue des Armoisières

«Le feu fut si grand à Magny
Que l’air fut tout obscurci par la fumée.
Dans le pays, ils n’ont rien épargné,
Ils font tomber granges et murs
Pour nul sujet de Metz il n’y a sûreté
S’il y eut la moindre petite masure
Qui échappât, ce fut grande chance »
(La guerre de Metz en 1324)

MAGNY

DE LA REVOLUTION A LA FIN DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Devenue commune en 1790, Magny est intégrée au canton de Borny, puis à celui de Vallières en 1795. Elle n’a jamais possédé d’annexe.
Sa population progresse peu de la Révolution (569 habitants) au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (893). Elle ne dépasse le millier d’habitants qu’à la fin des années 1950, juste avant le rattachement. Dans le même temps, le nombre de maisons passe de 81 à plus de 200.
Village agricole, Magny compte au milieu du XIXe siècle une production essentiellement céréalière (550 hectares). Toutefois, avec ses 44 hectares de vignes, le village produit de nombreux vins jusqu’à la fin du XIXe siècle. Les vins blancs tels que l’aubin jaune, la pétracine et l’Auxerrois sont réputés et expédiés jusqu’en Champagne. D’autres variétés sont également cultivées : hemme rose, petit noir, pinot et noir de Lorraine.

L’histoire de Magny est indissociable de celle de la Seille. Victime de ses crues, le village est régulièrement inondé (1784, 1790, 1797, 1816, 1818, 1822, 1829, 1840, 1844, 1846, 1853, 1854). Malgré  le curage de la rivière et l’abaissement de la dalle de la porte Mazelle en 1855, les inondations demeurent, comme celle de 1939. Le village est aussi à la merci de la fermeture de l’écluse des Arènes, en avant de la porte Mazelle, en cas d’attaque de la ville. Prévue par Vauban au XVIIe siècle, ce dispositif a notamment inondé Magny lors des blocus de Metz de 1814 et 1815. Inutilisé en 1870, il n’a pu empêcher l’annexion de 1870-1918, au cours de laquelle il a été démantelé.

Plaque_rue_Pouilly
Plaque rappelant la montée des eaux de 1844 à Magny, au 1 rue de Pouilly (à côté d’anciennement boucherie Vivier)

Monument incontournable de Magny, le moulin est actif depuis le Moyen Age. Propriété de l’abbaye Saint-Vincent jusqu’à la Révolution, il cesse son activité au lendemain de la Seconde Annexion (1940-1944), sous laquelle le village est rebaptisé Manningen. Construit au début du Second Empire (1852-1870), la ligne de chemin de fer en direction de Rémilly coupe le ban de la commune en deux et nuira à son développement futur. Seul le cimetière y sera installé à proximité en 1854.

 Aux_Enfants_de_Magny

Aux enfants de la commune de Magny victimes de la Grande Guerre 14-18 et aux victimes civiles et militaires de la guerre 1939-1945

MAGNY
EN 1962

Le village est durement touché par les bombardements américains en 1944 qui ont pris pour cible les ponts de chemin de fer et routier sur la Seille. Magny est reconnue « commune sinistrée » par l’arrêté du 16 novembre 1945. La reconstruction après guerre impacte le village.
La « cour », un ensemble de bâtiments de ferme, est rasée, permettant le dégagement de l’église. La nouvelle place Alexandre Monpeurt est alors ouverte sur les berges de la Seille, jusqu’à l’aménagement du nouveau tracé de la RN 413, au début des années 1960. Une «  route-digue » est construite afin de lutter efficacement contre les crues de la Seille.
Commune essentiellement rurale jusqu’à son rattachement, Magny possède un centre ancien avec de nombreuses maisons du XIVe au XVIIIe siècle.
Dans les années 1950, la commune s’urbanise. La population augmente de 25% en moins d’une décennie et atteint 1224 habitants en 1960. Le 25 avril de cette même année, le Conseil municipal reconnaît, en présence du maire de Metz, Raymond Mondon, que « la commune est dans l’impossibilité d’assumer, même avec l’aide de l’Etat et du Département, l’équipement nécessaire à la réalisation des travaux indispensables que nécessiteront les nombreuses constructions d’habitations prévues dans la commune ».
Par voies de conséquence, les pépinières sont rejetées en périphérie, les terrains de pâtures s’exilent vers le sud et les terres cultivables se réduisent. Les jardins se rétrécissent et se transforment en pelouse d’agrément. Les nouvelles constructions sont en grande partie individuelles.
Le sud du Sablon étant urbanisé au cours des années 1950, le ban de Magny, débouché naturel de la ville de Metz par la vallée de la Seille, est destiné à recevoir son trop plein de population. Toutefois, la Seille, le ruisseau Saint-Pierre et leurs terrains inondables ainsi que le chemin de fer constituent un frein à l’urbanisation du territoire.

MAGNY
DE 1962 A 2012, CINQUANTE ANS D’AMENAGEMENT DE L’ESPACE

Le développement de Magny s’est effectué, toujours rive droite, à partir des rues de l’ancien village. Les zones périphériques sont loties par aménagement successifs. Elles sont limitées au sud et à l’ouest par le ruisseau Saint-Pierre et au nord-est par la voie ferrée.
L’urbanisation du quartier s’est traduite dans un premier temps par l’agencement des constructions à partir des axes routiers existants, principalement la rue au Bois et la route de Pouilly. Lorsque ces rues arrivent à saturation, de nouvelles voies sont créées. Si plusieurs habitats collectifs sont édifiés, la plupart des constructions sont pavillonnaires.
L’urbanisation de Magny s’accélère par le début de la construction de plusieurs lotissements juste avant le rattachement. Le lotissement « cité des Alliés » dont les rues sont dédiées aux libérateurs de 1944 est aménagé au lieu-dit « les alliés ». Un deuxième lotissement « au Bois » ou « Baticoop » est construit à proximité, autour de la rue Leussiotte.
An nord du ban communal, le lotissement du « Plateau » voit le jour au début des années 1960. Structuré par l’ancien chemin vicinal devenu la rue Martin-Champ, il se développe jusqu’à l’ancien chemin du Cimetière (actuel rue Bérouard).
Dans le même temps se construit le lotissement « Saint-Pierre » sur d’anciennes terres cultivées, entre la rue de Pouilly et le ruisseau Saint-Pierre. L’ancien parc du « château », situé entre la rue du Patural et la rue de la Charmine, est morcelé et loti au milieu des années 1990.
Le développement le plus spectaculaire s’effectue au sud du ban, dans le triangle délimité par la rue au Bois, la rue de Pouilly et le ruisseau Saint-Pierre. Plusieurs programmes de lotissements voient le jour au milieu des années 1980 :

  • le lotissement « la Plaine » à partir de 1965
  • le lotissement « Les Pointes » à partir de 1968 ainsi que l’actuel collège Paul Verlaine (ouvert en 1971)
  • les « hauts de Magny » jusqu’en 1987.

Progressivement, les intervalles entre le ruisseau Saint-Pierre et la voie ferrée sont bouchés par de nouvelles constructions. La rive gauche de la Seille résiste à l’urbanisation.

MAGNY
AUJOURD’HUI

Village d’un millier d’habitants séparé de la ville de Metz par la voie ferrée, Magny compte près de 6000 habitants un demi-siècle plus tard. Toutefois, son ban reste peu urbanisé : ses habitants ne représentent que 4,8% de la population totale de Metz, quand son territoire correspond à 17,8% de la superficie totale de la ville.
Magny a su intégrer son patrimoine. Grâce à la présence de la voie ferrée et du cours capricieux de la Seille, Magny reste isolé par rapport au quartier du Sablon. Cette position lui permet de conserver son image de « village » aux portes de Metz.
Magny a longtemps été connu pour son fameux dépôt d’ordures de 12 hectares – en fait celui de la ville de Metz -, le « schoutt », désigné parfois par l’appellation « kip ». Le mot « schoutt » vient du francique mosellan « Schutt », qui signifie décombres, déblais, apocope de « Schuttabladeplatz », c’est-à-dire décharge. A cet endroit, un parc a été créé au milieu des années 1990, surplombant les prés de la Seille. Sur une vingtaine d’hectares, le parc du Pas du Loup offre plus de deux kilomètres de promenades. Il est riche d’une végétation spontanée, variée, fleurie (pruneliers, églantines, saules, érables, etc.) et regorge d’oiseaux sauvages de toutes espèces.
Suite à d’infructueuses recherches pétrolières sur le versant ouest du Schoutt en 1974, la « Confrérie du Taste-Vin du Schoutt de la commune libre de la route de Magny » fut créée l’année suivante, ses « chevaliers » cherchant, avec humour, à sensibiliser la population sur la relance de la viticulture.
Désormais, Magny se réapproprie la Seille. Un important réseau des liaisons piétonnes et cyclables de la ville de Metz a été créé entre 2000 et 2008 et la construction d’un nouveau pont « la passerelle du Lavoir », à hauteur de la rue du Patural, qui permet de relier deux promenades de la rive gauche à la rive droite. L’ensemble donne une boucle de promenades, en dehors de la circulation automobile, le long de la Seille et à travers les champs qui permet de relier le Parc de la Seille à Magny, via Marly à l’ouest ou le bois de l’hôpital à Peltre.
Toute la partie Est du ban, située au-delà de la voie ferrée, est peu urbanisée. Les seules habitations sont celles de populations anciennement nomades qui s’y sont sédentarises.

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